1.andromaque 

(L.Kepinski/L.Kepinski)


j’entends le rire lointain de mes frères 

transporté par les vents
transporté par les mers 


vous qui êtes unis dans l’errance 

revenez

revenez en silence 


et vous serez enfin chez vous

comme en une maison
qui s’est faite en votre absence

 

aujourd’hui j’ai le cœur en poussière 

demain j’aurai un enfant dans le ventre 


dans la bouche un arrière-goût de fer

dans la main le poids de nos différences 


voici mes frères alignés comme des bêtes
ils font la queue rien que pour me voir apparaître 


voici mes frères alignés comme des loups
ils font la queue rien que pour me voir à genoux 


tu vois la coque de fer

c’est ma cloison


tu vois les roues dans la terre

c’est ma motion


tu vois ma voix ouvrière

c’est mon oraison 


ah


j’étais ombre parmi les ombres

lettre parmi les nombres

levrette parmi les lévriers


j’avais les pieds attachés 

au poids du balancier 

je planais sans me soucier de ma trajectoire
le hic
c’est le miroir qui me l’a dit : 

« prends garde aux hommes, à l’amour physique » 


j’étais femme parmi tant d’autres

amazone parmi les fauves
une ortie dans la grande faune

couleuvre parmi les pieuvres 

je passais inaperçu
jusqu’à ce que je fasse mes preuves 

et qu’enfin 

vous m’ayez reconnue
la veuve parmi les pieuvres
c’était moi bien entendu 


ah

 

j’étais Andromaque
j'étais Andromaque
je placardais des soliloques sur les murs de ma baraque 


j’étais Andromaque
j’étais Andromaque
les parois de ma cellule intactes 


j'étais Andromaque
j'étais Andromaque
partagée entre ma foi et mes actes 


le regard ivre de mensonges

il me fallait pour survivre suivre la longe
le fil d’Ariane 

qui m’enfonçait dans l’éponge
dans les décombres de vos dédales 

j’étais Roxanne
j’étais Roxanne 


le regard ivre de mensonges

il me fallait pour survivre suivre la longe
le fil d’Ariane 

qui m’enfonçait dans l’éponge
dans les décombres de vos dédales j’étais Roxanne 

j’étais Roxanne 


j’étais ! 


en lotus sur l’os iliaque
le corps en équilibre
dans les vapeurs d’ammoniac

j’étais démoniaque
en fœtus

la peau qui vibre sous la pulsation 

cardiaque 

j’étais démoniaque 

flashback, les yeux mouillés
la peau qui craque
dans le verre qui fêle

le sang écarlate 

flashback, les yeux mouillés 

la peau qui craque


dans le verre qui fêle 


revenez 

revenez


et vous serez chez vous comme en une maison qui a brûlé en votre absence 


ah 


j’étais Andromaque
j’étais Andromaque
je placardais des soliloques sur les murs de ma baraque 


j’étais Andromaque
j’étais Andromaque
les parois de ma cellule intactes 


j’étais Andromaque
j’étais Andromaque
partagée entre ma foi et mes actes 




2. apprendre à mentir

(L.Kepinski/L.Kepinski)


je pourrais te dire de pas t’en faire, y va revenir 

mais je sais qu’il est parti pour partir 


je pourrais te dire que tu peux compter sur moi 

mais je me ferais pas confiance si j’étais toi 


je pourrais te dire : «tu va retrouver l’amour c’est sûr» 

mais l’amour est mort dans un coffre de voiture 



viens, je vais t’apprendre à mentir
on pourra faire croire aux autres ce que tu voudras 


viens, je vais t’apprendre à mentir
on pourra faire croire aux autres ce que tu voudras


 

je pourrais te dire que tes parents sont fiers de toi

à vrai dire ils sont morts, ils te voient pas

 

je pourrais te dire qu’un jour on aura un pays 

à vrai dire je pense qu’on en mérite même pas 


je pourrais dire qu’on a la vie devant nous 

mais celle que j’entrevois me rendra fou 


commence par faire la paix
avec le trou dans ton ventre
le soleil reviendra entre tes jambes 



viens, je vais t’apprendre à mentir
on pourra faire croire aux autres ce que tu voudras 


viens, je vais t’apprendre à mentir
on pourra faire croire aux autres ce que tu voudras 




3. brise-glace

(L.Kepinski/L.Kepinski)


j’avais sculpté
tel Pygmalion
j’avais des hommes statufiés plein mon salon 


j’avais piétiné
quelques amours passion

j’avais des vendanges pourries plein les talons 


et si t’avais vu
au bord de ma falaise

ceux que j’ai pétrifiés, que j’ai pétri dans la glaise 


et qui ont péri
dans les murs de ma maison 

des sculptures fêlées ouvertes par la trahison 



faites de la place,
je suis un brise-glace
je déplace mon cuirassé
à travers les eaux gelées 


et j’ai voulu
qu’on tombe dans mes pièges

et j’ai attendu
comme on attend la première neige 


la première neige



je ne suis qu’urgence,
je ne suis qu’impulsion

j’implose en silence
dans mon monde d’illusion 

j’ai pas de patience
en constante propulsion
je déferle mon inconscience sur ta terre d’exclusion 

je sens plus de haine
je sens plus de compassion

j’ai plus la chienne
je m’invente plus de raisons


 

faites de la place
je suis un brise-glace


je déplace mon cuirassé 

à travers les eaux gelées 

fuyez mon intérieur
je suis un brise-cœur


qui libère la mer séparant les eaux gelées 


j’avais sculpté
tel Pygmalion
j’avais des hommes statufiés plein mon salon


 


4. m’attends-tu

(L.Kepinski/L.Kepinski)


comme
comme le soleil
tu te couches trop tôt 

sans 

sommeil 


comme
comme les corbeaux 

tu crie dans le ciel
des phrases 

sans mots 


comme
comme toujours je pars 

mais comme
tu me pardonnes 


me
me jetteras-tu au clou ?

au fond du caniveau 

ou juste

à part 


suis-je
la lueur dans le trou noir ?
ou 

une nouvelle corde à ton cou 


avant
que l’on ne s’écarte 

que l’on ne se dénoue 


j’ai besoin
de savoir 


tu m’attends-tu ?

m’attends-tu ? 


comme
comme le soleil

tu te lèves trop tôt

sans

sommeil 


 

textes et progressions d’accords

Lydia Képinski 


réalisation 

Blaise Borboën-Léonard


arrangements 

Blaise Borboën-Léonard

Lydia Képinski


collaboration aux arrangements

Stéphane Lemieux

Cédric Martel

Benoît Parent   


interprétation

Blaise Borboën-Léonard /           alto (1,2,3) 

violon (1,2,3)

synthétiseurs

percussions (2,3)

percussions électroniques (2,3)

 

Lydia Képinski / voix

basse électrique (4)

guitare électrique (1)

percussions (3) 

Stéphane Lemieux / batterie

Cédric Martel / basse électrique

Stéphane Leclerc / guitare électrique (1,2)

Benoît Parent / percussions (2)


prise de son

Benoît Parent / Studio B

prises de son additionnelles

Blaise Borboën-Léonard 


mix

Benoît Parent

matriçage et contribution au mix

Dragos Chiriac


photographie

Etienne Dufresne


design graphique

Lydia Képinski


gérance

Noémie Laniel


préproduction

Blaise Borboën-Léonard


production

Chivi Chivi / Nycholas Fortin

Marc-Antoine Sévégny

Benoît Parent

Lydia Képinski


relation de presse

La Royale Électrique

Chivi Chivi / Anne-Julie St-Laurent


publié sous la license de Chivi Chivi - 2016





quand spécifié : 

(1) = Andromaque

(2) = Apprendre à mentir

(3) = Brise-glace

(4) = M’attends tu